30.08.2007
chapitre 19 - fin
Marciane était soulagée que l’intervention de son fils ait fait oublier à la comtesse de s’intéresser plus avant aux buts de leur voyage. Le comte de Nevers, Guillaume II, ne s’étant pas croisé, son épouse avait quelques raisons pour dénigrer ceux qui l’avaient fait. Après un temps de silence, la comtesse Mathilde reprit la conversation du ton sans réplique qui lui était habituel :
- Gardez-vous de confier vos soucis aux conseillers habituels du roi qui ne s’y intéresseront pas puisque leurs intérêts ne seront pas en jeu. Or le roi n’a que trop tendance à négliger le conseil des grands pour se reposer sur ses sénéchal, connétable, bouteiller et chambrier et prévôts, tous ces gens de petite condition auxquels il a délégué l’administration de son gouvernement. C’est une évolution bien regrettable, vous le constaterez vite. Votre condition de noblesse jouera en votre défaveur et vous aurez bien du mal à approcher le roi en dehors de ces trublions qui ne le lâchent pas.
- Le roi se trouve toujours résider en sa ville d’Orléans ?
- Il y était encore aux dernières nouvelles, les forêts alentour sont giboyeuses et le roi et son fils férus de chasse et de venaison. Vous trouverez à ses côtés la reine Bertrade, qui n’a rien perdu de sa beauté, il faut le reconnaître. Le roi a encore récemment abjuré l’adultère pour que notre Saint-Père Pascal II lève la sentence d’anathème qui le frappait, mais il a gardé Bertrade ! Sans doute vit-il chastement avec elle pour ne pas être une nouvelle fois parjure… ajouta la comtesse d’un ton dubitatif. Il est vrai qu’il a d’autres sources de plaisir auxquelles il ne se refuse guère…
- La reine jouit-elle d’un grand crédit ?
- Pas sur le plan des affaires. Elle a échoué, malgré ses intrigues, à imposer son fils Philippe de Mantes comme héritier puisque Louis, fils de la première femme du roi, Berthe de Hollande, a été élu roi par l’assemblée des grands laïcs et des évêques. Il la tient prudemment à l’écart du pouvoir, mais elle subjugue toujours le roi Philippe, diminué par les atteintes de l’age, et même son véritable mari, Foulques le Réchin, car on ne peut prétendre que le mariage du roi et de Bertrade, bien que célébré par l’archevêque de Reims et l’évêque de Senlis, ait une grande légitimité. A la cour, elle se contente de bien marier ses fils, d’acheter des bijoux et de paraître aux côtés du roi. Mais elle ne dédaigne pas d’aller séjourner parfois en Anjou… Savez-vous qu’elle a réussi à se faire recevoir, elle et le roi, par Foulques en son château d’Angers il y a peu ? Il continue à la vénérer comme sa dame et il vient s’asseoir à ses pieds sur son escabeau et se plie en tout à ses volontés. C’est incroyable ! Cette femme a un pouvoir étonnant sur les hommes ! Il est vrai que le roi aime les femmes, dit la comtesse perfidement en se tournant vers Marciane. Il se laissera sans doute émouvoir par votre beauté.
Joceran rougit et sursauta :
- Nous n’avons pas la même conception du mariage que le comte Foulques ou la reine Bertrade, dit-il sèchement.
Plus tard, en regagnant leur chambre, Marciane remarqua que son époux ne semblait plus si enthousiaste de leur mission et arborait même un air renfrogné.
- Ne vous faites aucun souci, dit-elle gentiment. Le roi est suffisamment occupé pour ne pas jeter les yeux sur moi. Puis, devant le regard furieux qu’il lui jeta, elle ajouta : Et quand cela serait, douteriez-vous de moi ?
- Non, ma mie, oubliez ce mouvement d’humeur, je vous prie.
Ils entrèrent à la Charité , enfermée dans de puissantes murailles, par la porte de la tour de Cuffy pour se rendre au prieuré clunisien de Notre-Dame. L’église était magnifique et les bâtiments conventuels, très importants déjà, étaient encore en pleins travaux. L’hôtellerie fonctionnait et put les recevoir. A Sancerre, dominée par son énorme château remarquablement fortifié, ils se contentèrent d’un gîte modeste où leur fut servi cependant un délicieux vin blanc qui pour une fois tenta Marciane. Ils le burent en mangeant des petits fromages de chèvre, appelés crottins. Ils s’arrêtèrent à Saint Satur pour admirer les belles embarcations construites par d’habiles artisans. La navigation sur la Loire était incessante. On y voyait, convoyés par files entières de chalands, des grosses barriques de vin, des cageots de vaisselle de faïence et de poterie de grès, dans une agitation incessante tant sur l’eau que sur les chemins de halage. A Gien, Marciane acheta encore de la vaisselle de faïence en grande quantité qui serait livrée à Marcelly. Hubert et Joceran admirèrent les faucons et les chiens de chasse présentés au marché spécialisé dans la chasse et regrettèrent de ne pouvoir en faire l’acquisition.
A Sully, ils furent reçus dans la formidable forteresse bâtie en bord de Loire par le sire de Montfort qui leur recommanda de s’arrêter au château de Germiny, puis à celui de Checy, dernière étape avant Orléans. Leur hôte était un petit homme bavard et affable, tout en rondeurs, le teint clair, l’œil pétillant.
- La santé du roi nous a donné quelques soucis récemment, leur apprit-il. Il a du s’aliter quelques jours. Mais il a expulsé les médecins de sa chambre et s’est remis à chasser en jurant qu’on ne l’y prendrait plus à boire des tisanes d’ortie et à subir les clystères alors que le vin était d’un si bon effet sur l’organisme ! Il a repris une vie normale et, ma foi, a eu raison de sa faiblesse temporaire à sa manière, qui doit être la bonne.
- Le roi, son fils, est-il également à Orléans ?
- Certes. Il rentre d’une expédition en Berry où il a mis à raison le seigneur de Sainte Sévère, Humbaud, qui s’était attaqué à un prieuré dépendant de Saint-Denis, mais il n’a guère quitté son père ces jours-ci. Il a beau avoir été associé au trône, il est plus sûr d’être présent pour assurer la continuité du pouvoir sans problèmes… Ce sera un bon roi ! Il nous a réconciliés avec la papauté, car c’est lui qui a conclu l’accord sur les investitures avec notre Saint-Père qui est venu régler cette affaire personnellement, il y a peu. C’est aussi un rude soldat ! Connaissez-vous ses surnoms ? « Celui qui ne dort pas » et « le Batailleur ». Il est toujours prêt à guerroyer contre les seigneurs brigands de son domaine, ce qui le rend populaire auprès du clergé et des petites gens, de ceux qui n’ont pas la possibilité de voyager avec une solide escorte. Les péchés de jeunesse de son père sont bien oubliés !
- Qu’entendez-vous par là ?
- Le roi Philippe s’est laissé aller autrefois à rançonner les marchands italiens qui arrivaient chargés de marchandises d’Orient, ce qui lui a valu les remontrances de l’Eglise d’ailleurs… Vous ne le saviez pas ? Vous avez raison, il n’est pas bon de se le rappeler, c’est du passé… Si cela ne vous ennuie pas, je vous accompagnerais volontiers à Orléans. Je serai votre guide, cela pourra vous être utile.
Marciane et Joceran ayant accepté avec gratitude, leur nouvel ami se mit en route avec eux dès le lendemain. Ils bavardèrent à bâtons rompus en chemin.
- Vous avez, à ce qu’il semble, une bonne connaissance de la cour de France.
- Certes ! Le roi se tient souvent dans sa bonne ville d’Orléans dont il apprécie particulièrement la région giboyeuse de Sologne. J’ai souvent l’occasion de me rendre à la cour car le roi aime à s’entourer des châtelains locaux – au grand dam de ses grands vassaux dont il se méfie, non sans raison à vrai dire, et qui se trouvent mis à l’écart. Je vais peut-être vous vexer car, de par votre lignage, vous faites partie de ces grands. Mais, avec les petits châtelains comme moi, voire même avec de simples chevaliers, le roi trouve de bien meilleurs conseillers, tout dévoués car ils lui doivent leur fortune, et son administration s’en ressent, en bien. Le roi a accumulé un trésor considérable depuis que le sénéchal, le chambrier et le bouteiller gèrent les comptes du domaine royal. Saviez-vous qu’il a acheté pour trois mille livres la ville de Bourges au seigneur Arpin ? Celui-ci qui voulait rejoindre les Croisés en Terre Sainte avec une nombreuse troupe qu’il lui fallait équiper et transporter outre-mer. Oui, conclut le petit homme, le roi est réellement bien servi !
- Son fils le suit-il dans cette politique ?
- Tout à fait ! Et il a maintenant acquis une importance prépondérante dans la conduite des affaires du royaume. Mais il a connu une enfance difficile. Vous connaissez les aventures matrimoniales de son père… Sa marâtre n’a pas été tendre avec lui, il faut le reconnaître. Elle a tout tenté pour l’écarter du pouvoir, elle l’a fait éloigner de la cour et reléguer à Pontoise dans des conditions précaires. Pensez que l’on disait qu’il n’avait que son manteau en guise de couverture sur sa couche ! Il a aussi été exilé en Angleterre par le roi son père que l’on avait convaincu d’un complot ourdi contre lui par son fils. Il a même été question de tentatives d’assassinat et d’empoisonnement... Non, rien ne lui a été épargné !
- Je vous crois aisément, confia Joceran, j’ai eu moi-même assez à souffrir des manœuvres d’une belle-mère !
- Oh ! Rien ne permet d’accuser expressément la reine Bertrade, s’empressa de préciser le sire de Montfort, un peu gêné de s’être laissé aller à des confidences dangereuses.
- Ces querelles font partie du passé puisque le roi Philippe a associé son fils au trône, temporisa Marciane.
- Certes, le roi a d’ailleurs obtenu la réconciliation de la reine Bertrade et de son fils Louis et l’entente règne désormais au château, Dieu en soit loué ! approuva aussitôt son interlocuteur, à tel point que Louis et son demi-frère, Philippe de Mantes, sont unis à deux parentes issues du puissant lignage de Montlhéry-Rochefort. La famille tient les forteresses de Montlhéry, Gometz, Rochefort-en-Yvelines, Crécy, Bray et Gournay qui commandent les routes du sud de la Seine. Lucienne , la fiancée du roi Louis, est la fille de Gui le Rouge, comte de Rochefort, qui a retrouvé son poste de sénéchal à son retour de Terre Sainte. Anseau de Garlande lui a rendu sa charge un peu à contrecœur, mais il lui était impossible de ne pas le faire, les droits d’un croisé sont étroitement protégés par l’Eglise ! Quant à Philippe de Mantes, il vient d’épouser Elisabeth, héritière de Montlhéry, cette forteresse qui a fait vieillir le roi Philippe à ce qu’il dit lui-même.
- Votre connaissance de la cour nous sera très précieuse, apprécia Marciane.
- Et nous nous réjouissons de votre compagnie, ajouta Joceran. Il est si difficile à des étrangers de s’introduire inopinément dans les arcanes du pouvoir !
- C’est exactement ce que j’ai pensé, se rengorgea le sire de Montfort, heureux d’être écouté et de faire montre de ses relations étroites avec la cour.
- A votre avis, lequel des conseillers des rois est le plus écouté ?
- C’est bien difficile à dire. Les Montlhéry-Rochefort semblent les mieux en cour puisqu’ils s’allient avec la famille royale et Gui le Rouge, en tant que sénéchal, exerce le commandement militaire et contrôle les prévôts, mais ce sont les Garlande, leurs concurrents, qui ont la confiance de Louis. Ils sont cinq frères, courageux, habiles et ambitieux. L’un d’eux, Etienne, est clerc et il a été nommé chancelier depuis un an. Il jouit d’une grande autorité ! A telle enseigne qu’on le considère même comme le maître du palais…
- Voilà une rivalité qui ne doit pas simplifier les choses !
- Le roi Philippe estime qu’elle entretient une émulation bénéfique.
- Auquel de ces partis appartenez-vous ?
- Je m’entends avec les deux, répondit un peu évasivement Jean de Montfort Mais je connais plus intimement les Garlande.
Les cavaliers se rapprochaient d’Orléans dont ils pouvaient apercevoir déjà les hautes murailles accompagnées des nombreuses tours qui tenaient la ville à l’abri. Les clochers qui surgissaient au-dessus des remparts signalaient la cathédrale Sainte-Croix, les églises de Saint-Aignan, de Saint Pierre-du-Martroi de Saint Euverte, de Saint-Paul et de Saint-Pierre-le-Puellier. Ils franchirent sans encombre les portes gardées et se dirigèrent au pas, par les rues étroites envahies de promeneurs et d’étals, vers le palais royal. Il était imposant, bien défendu, entouré de douves profondes, mais ils y pénétrèrent aisément grâce à leur mentor qui se fit reconnaître de la garde.
- Venez que je vous introduise auprès du chambrier qui vous logera.
Il régnait une grande activité dans la grande cour. Cependant, tandis que des palefreniers se chargeaient de leurs montures et de leur escorte, ils se dirigèrent, en suivant leur cicérone, vers le corps principal du château qui s’ouvrait par une porte monumentale. Ils se trouvèrent dans une vaste galerie donnant à ses extrémités sur deux bâtiments, la basilique au nord où le souverain venait rendre la justice, la chapelle au sud. Des serviteurs s’y affairaient en grand nombre, mais il leur fut difficile de trouver un responsable.
- Attendez-moi là, s’étonna le sire de Montfort, je m’en vais aux nouvelles.
Le sire de Montfort revint enfin, accompagné d’un homme aux sourcils froncés.
- Le roi Philippe est souffrant et garde la chambre, expliqua-t-il, il ne peut poser par terre son pied devenu rouge et gonflé. Louis est parti chasser et la reine Bertrade se repose dans ses appartements. Quant au chambrier, il est introuvable ! Mais voici le bouteiller, un lointain cousin à moi.
- Je vous souhaite la bienvenue et m’en vais sur-le-champ vous loger, leur dit le nouveau venu d’un ton affairé. Nous sommes à nouveau fort préoccupés par la santé de notre sire qui souffre de mille morts à cause de mauvaises humeurs qui lui gâtent le pied. C’est pitié de le voir réduit à l’immobilité ! Il enrage ! Espérons que vous pourrez lui être présentés ce soir. Il ne voudra pas sûrement manquer le dîner. Puis-je vous demander ce qui vous amène céans ? Vous avez fait une longue route depuis vos terres d’empire.
- Nous sommes chargés de moult suppliques à présenter au roi, concernant la sécurité des routes qui pose bien des problèmes au commerce entre nos pays.
- C’est en effet une affaire importante. Mais pour l’heure, nous avons bien d’autres soucis. En se retournant vers son cousin, il lui glissa en a parte : Les choses se compliquent entre les Garlande et les autres, d’autant que la discorde règne entre le sénéchal et le sire de Montlhéry son parent, ce qui fait le bonheur de notre chancelier ! Il faut se méfier, tout est possible !
- Sont-ils tous présents au château ?
- Le sire de Montlhéry a rejoint son domaine, avec sa fille et son gendre…
- Et le sénéchal ?
- Il fait le siège du roi Philippe avec la reine, tandis que le chancelier ne quitte pas le roi Louis.
- Tout cela ne me dit rien de bon !
Joceran, Marciane et Hubert se virent octroyer une chambre et une garde-robe où coucheraient les écuyers. Le sire de Montfort les assura qu’il viendrait les chercher lorsqu’il serait temps.
- Reposez-vous, baignez-vous, et remettez-vous en à moi, dit-il en les quittant.
- Je trouve l’atmosphère qui règne ici bien délétère, remarqua Joceran, une fois seul. Notre message ne sera pas facile à faire entendre.
- Il ne faut pas nous hâter, conseilla Marciane. Cherchons d’abord à situer les protagonistes de cette singulière cour.
- Pensez-vous que le sire de Montfort soit fiable ?
- Il est peut-être un peu trop bavard et sans doute désireux de voir où souffle le vent… Ne lui accordons pas trop de crédit, mon ami, et attendons de voir les rois pour nous faire notre idée sur la conduite à adopter.
La chambre qu’il partagerait avec Hubert était petite mais relativement confortable. Des chambrières arrivèrent avec un cuveau qui fut rapidement rempli d’eau chaude et ils purent se délasser en se faisant laver et sécher dans des linges parfumés. Marciane soigna sa toilette qu’elle voulait élégante, mais point trop ostentatoire. Elle se para cependant d’un énorme collier d’or serti de pierres qui soulignait la finesse de son cou et soulignait son modeste décolleté. Dans la soirée, le sire de Montfort se présenta, fort souriant à nouveau :
- Le roi Philippe se sent mieux et présidera le souper avec la reine. Quant à son fils, Louis, il est rentré de la chasse enchanté de sa journée. Tout va pour le mieux ! Suivez-moi ! Je vais vous introduire auprès de Ses Majestés…
Quand Joceran et Marciane arrivèrent dans la grande salle où devait se dérouler le repas, le roi Philippe était déjà installé dans une cathèdre tapissée de coussins, sur une estrade, le pied installé sur un tabouret tapissé de velours. C’était un homme grand et massif, envahi par l’embonpoint. Ses cheveux, qui avaient du être blonds, avaient pris une couleur filasse et ses yeux très bleus étaient comme voilés, mais on sentait encore en lui une énergie et une envie de vivre qui lui permettait de dompter ce corps vieillissant qui le trahissait. A ses côtés, se tenait la reine Bertrade, encore très belle, troublante même. Grande, à peine enrobée, le port altier, elle avait des yeux couleur d’or et une chevelure de miel arrangée en tresses savantes autour d’un visage merveilleusement modelé. Son teint d’ivoire, sa bouche ferme et ourlée, son nez droit, ses joues lisses étaient si parfaits que rien ne laissait deviner en elle les atteintes de l’age. Marciane en fut frappée, redoutant dans le même temps le regard que Bertrade lui jeta, où le défi se mélangeait à la morgue. « Quelle femme redoutable ! » se dit-elle, vaguement consciente d’être jaugée et peut-être jalousée par cette femme exceptionnelle.
Le roi Louis apparut alors. Il avait réellement la prestance et la majesté d’un souverain : grand, bien découplé, blond aux yeux pervenche comme sa grand-mère, Anne de Kiev, il avait un sourire franc et ouvert qui attirait d’emblée la sympathie et la confiance.
- Nous sommes heureux d’accueillir à notre cour de puissants seigneurs qui ont fait une si longue route pour nous rencontrer, dit-il. Soyez les bienvenus, nous rendrons votre séjour agréable pour vous donner l’envie de revenir.
Accompagnées d’un sourire chaleureux, ces aimables paroles désignèrent les nouveaux arrivants à l’attention générale. On s’inquiéta de leur lignage tout en commentant leur noble apparence. D’inconnus, Joceran et Marciane devinrent d’un seul coup des hôtes choyés et appréciés. Le sire de Montfort fut le premier à s’en réjouir, tout en se prévalant sans vergogne de les avoir introduits.
- Sire, avait répondu Marciane en s’inclinant, nous avons eu l’audace de nous présenter devant Votre Majesté pour présenter les suppliques émanant de vos sujets vous demandant en grâce d’instaurer, de par votre autorité souveraine, la sécurité des transports sur les routes du royaume.
- C’est ma foi une noble tâche de vous en être chargés et croyez bien que je suis sensible à ces problèmes. Nous aurons tout loisir d’y revenir plus tard et, pour l’amour de la paix, je donnerai satisfaction à nos braves sujets.
Marciane était soulagée par cet accueil favorable. Elle avait aussi bien attiré l’attention du roi sur sa mission officielle que renseigné ses conseillers intrigués par leur arrivée. C’était de bon augure pour la suite des événements !
10:15 Publié dans LE PUY AUX DAMES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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