31.05.2007

chapitre 12 - Suite

Alors qu’ils étaient revenus dans la cour, une voiture arriva et un couple en descendit. Marcia surprit le rapide regard de la femme vers le puits.

-Domina Marcia, quel grand malheur ! s’exclama aussitôt Cintullus. Je suis accablé de chagrin ! Et dire que j’étais absent, que je n’ai pu défendre mon maître, je ne me le pardonnerai jamais de ma vie ! 

-Domina Marcia, quel malheur ! répéta sa femme en écho, d’un ton geignard, en tamponnant ses yeux secs.

Sa voix déplut à Marcia. Elle se souvint brusquement que son père avait dit un jour : « J’ai fait creuser un puits devant la villa de Cintullus et les ouvriers ont découvert une cavité qu’il a fallu couvrir d’une dalle pour aplanir la cour ! »

-Légionnaire, creuse devant le puits ! demanda Marcia brusquement.

Cintullus blêmit et se serra contre sa femme. Marcia ne les quittait pas des yeux. Le légionnaire creusa  sans résultat visible. Il se tourna vers Postumus.

-Essaie de l’autre côté, sous le banc.

Cette fois, la bêche dégagea une dalle que le légionnaire souleva, il trouva dessous un  gros coffre, plein de pièces d’or et de parchemins…

-Enchaîne l’intendant et sa femme et fais-les enfermer séparément. Ils sont accusés de meurtres sur leurs maîtres et plusieurs esclaves.

-Pitié Seigneur, ma femme n’était pas au courant ! Je suis le seul coupable.

-Comment se fait-il qu’elle ait regardé vers le puits ?  demanda Marcia.

-Cintullus a tout organisé avec l’esclave de cuisine et les trois Francs ! cria la femme. Moi, je n’y suis pour rien. Je te le jure Domina !

-Tu es aussi bête que criminelle, ma pauvre femme, répondit Marcia d’une voix dure. Tu viens de reconnaître que tu étais au courant de tout !

-Emmenez-les ! ordonna Postumus. Je vous garantis que le châtiment total de vos crimes vous sera appliqué sans aucune pitié ni rémission.

Cintullus se laissa entraîner sans un mot, tandis que sa femme hurlait et se débattait entre les soldats qui la tenaient. Tous deux savaient que leur châtiment, prononcé par le Préfet de la ville, serait terrible…

Pendant ce temps, les chiens avaient rattrapé les quatre esclaves en fuite qui attendaient, cachés dans les bois, le prix de leurs crimes que devait leur apporter Cintullus. Ayant voulu échapper aux molosses, ils avaient été à mis à bas de leurs montures et à moitié dévorés. Ils furent ramenés en piteux état et envoyés aussi à Lugdunum pour y être jugés et condamnés, leur culpabilité étant avérée.

-Pourquoi tant de traîtrise ? s’écria Marcia. Comment Cintullus en est-il arrivé à fomenter ces crimes odieux ? Mon père avait confiance en lui !

-C’est sa femme qui l’a perverti, répondit Minimus. Elle est mauvaise et âpre au gain mais beaucoup plus jeune que lui. Il voulait la garder…

-Comment as-tu appris cela ?

-Par les esclaves. Ils s’en méfiaient. Elle promettait de les exempter des plus durs travaux s’ils lui apportaient des objets volés, elle voulait toujours être renseignée sur ce qui se passait dans la maison des maîtres...

-Pourquoi n’ont-ils pas parlé ?

-Ils n’ont pas osé. Elle les menaçait des verges. Comment aborder le maître quand on n’est qu’un ouvrier ? De plus, ils voyaient moins Le maître ces derniers temps, il était fatigué et laissait ses pouvoirs à Cintullus.

-As-tu appris ce qui s’était passé dans la maison ?

-Des rumeurs, rien de précis. La femme de Cintullus parlait souvent avec l’esclave chargé des boissons. Elle lui fournissait de quoi se mettre en ménage avec une esclave qu’il convoitait : du linge, du matériel de cuisine, de petits bijoux... Sans doute a-t-il mis un somnifère dans l’eau et le vin servis le jour du drame. Les maîtres se sont endormis et aussi les domestiques de la cuisine qui finissent toujours les cruches revenant du triclinium. On les a tous retrouvés morts. Les portiers ont été tués par surprise. Les assassins avaient le champ libre pour arriver jusqu’au triclinium. Cintullus – qui avait pris soin de s’éloigner – avait fourni les renseignements nécessaires pour sonner l’alerte et éloigner les autres domestiques. Ils avaient fait croire que les maîtres étaient partis. L’incendie devait effacer les traces. On aurait accusé les Bagaudes... Cintullus aurait pu acheter une terre et offrir à sa femme tout le luxe dont elle rêvait... Les bons sentiments cèdent vite devant l’attrait de l’or !

-Pourquoi mon père détenait-il une si forte somme dans ses coffres ?

-C’était en partie ta dot, Domina, et des reconnaissances de dettes que le maître détenait, ou des prêts matérialisés par des créances au porteur.

-Tu semble très au courant des usages financiers, Minimus !

-Praxus m’a enseigné beaucoup de choses, Domina !

-C’est bien Minimus. Tu m’as bien servie, je m’en souviendrai.

Marcia rejoignit la chambre funéraire où étaient attendues les pleureuses avant l’inhumation. Les corps étaient disposés dans une attitude naturelle. Marcia se dit que son père avait vieilli. Quant à Julia, elle semblait trop jeune pour mourir et – pour la première fois – Marcia la plaignit. Aulus avait la grâce de la prime adolescence, ce frère qu’elle avait si peu connu et ne connaîtrait plus jamais... Bien que plongée dans ses regrets et ses souvenirs, elle fut consciente d’une arrivée silencieuse et furtive. En levant les yeux, elle reconnut Annarca.

-Tu avais raison, Annarca, un monde a fini – le mien en tous cas – et je vais être seule pour faire face à l’avenir menaçant qui s’annonce.

-Tu ne seras pas seule longtemps, Marcia. Tu l’as suffisamment été. Les dieux te réservent un avenir meilleur. Aie confiance ! Tu feras de grandes choses et Celles Issues De Ton Sang régneront longtemps sur ces terres nourries de ta force. Tu dois te consacrer aux vivants et organiser leur survie. J’ai entendu ici même des paroles très sages : « Laisse les morts enterrer les morts ». Eloigne les pleureuses, laisse-moi m’en occuper.

Marcia n’aimait pas la comédie larmoyante des obsèques romaines et s’en remit volontiers à Annarca, qui convoqua des femmes – inconnues de Marcia. Elles arrivèrent, vêtues de longues robes noires, s’assirent en rond autour des corps et entonnèrent une longue mélopée, triste et apaisante, tout en se balançant d’avant en arrière et en agitant des torches odoriférantes. L’insidieuse odeur de la mort s’en trouva annihilée. L’incantation, censée apaiser les puissances de l’au-delà, soulageait la peine des assistants en les amenant à une sérénité délivrée des angoisses terrestres pour une envolée vers une acceptation de l’éternité.      

-Je suis très sensible à la beauté de ces chants religieux, Annarca, chuchota Praxus. Ils reflètent une approche mystique des problèmes de la mort.

- Je sais que tu es un prêtre de la nouvelle religion. Ta croyance est fort éloignée de la mienne mais nous croyons tous deux à une vie après la mort, sanctionnée par un tribunal divin, et nous prions pour que les corps célestes de ces défunts jouissent d’une vie éternelle heureuse.

-C’est vrai Annarca, en cela, nous nous rejoignons.

Le lendemain, Julius, Livia et Aulus furent enterrés ensemble dans le mausolée sur la colline – destiné aux maîtres de Marcellicus – tandis que les esclaves étaient inhumés dans des tombes plus simples entourant le monument funéraire. Annarca était en tête du cortège, avec les autres femmes en noir, agitant des branches de chêne et psalmodiant dans une langue que personne ne comprenait. Inconsciemment, Marcia serrait dans sa main l’amulette de pierre qu’Annarca lui avait remise autrefois et dont elle ne se séparait plus. La porte du mausolée se referma avec un bruit sinistre. Marcia était seule maîtresse de Marcellicus.

Elle se retrouva seule, le soir même, dans la grande maison déserte… Seule avec ses souvenirs, l’écho des voix qui s’étaient tues et ne résonneraient plus jamais, seule avec ses deuils, ses morts – amis, ennemis – seule devant un avenir déserté par l’amour, l’affection, la confiance... Elle s’appuya contre un pilier du portique, le front contre le marbre, le cœur aussi lourd et froid que les pierres qui la soutenaient. Brusquement, elle sursauta au son d’une voix inquiète :        

-Marcia, n’oublie pas que je suis là ! Marcia, je peux t’aider si tu as besoin de moi. Marcia, que puis-je faire ? Marcia, je t’en supplie ! Réponds-moi !

Postumus répétait son prénom comme une incantation. Marcia se retourna et, spontanément, se jeta contre lui. Elle appuyait son front contre l’armure de son torse, dure et rêche, mais les bras qui l’entouraient s’étaient faits doux pour la protéger. Elle sentit s’éloigner les visions de mort et de haine qui la torturaient. 

Quant à Postumus, subjugué par cette femme hors du commun, il l’aimait depuis le premier jour où il l’avait vue. Il aimait ses yeux gris changeants comme les nuages – tour à tour menaçants et éclairés par des rayons de soleil – son regard franc et direct, son port de tête orgueilleux et gracieux, sa démarche assurée et souple, sa silhouette sculpturale et nerveuse. Il avait admiré sa détermination dans la recherche de la vérité et la poursuite des coupables, alors même qu’elle venait de découvrir ces morts atroces. Maintenant, il la découvrait fragilisée et ne pouvait le supporter.

Tout en la serrant pour lui insuffler sa force, il l’implorait de ne pas céder à l’adversité. Il n’aurait pas osé l’approcher mais, quand elle fut contre lui, il la retint longtemps, puis baisa ses lèvres et, débordant d’amour, l’enleva pour pénétrer dans la maison. Il la déposa dans sa chambre et l’aima avec passion, avec tendresse, avec toute la force du sentiment qu’il éprouvait… Il posséda cette femme pour la première fois – et peut-être la dernière – comme pour en rester imprégné le reste de sa vie. Avec émerveillement, Marcia, si souvent meurtrie, découvrit l’amour dans les bras de Postumus et sut qu’elle venait de rencontrer celui dont elle avait rêvé.

Au matin, quand il voulut s’excuser de son impétuosité, elle le retint contre elle :

-Postumus ! Ne me laisse pas ! Je t’aime et n’aimerai que toi. Mais je dois te dire que je suis très exclusive. Peut-être que tu...

-Marcia, je t’aime d’un amour total et infini. Tu es au-dessus de moi par ta position sociale, mais je te jure que – pour toi – je réaliserai de grandes choses ! Tu n’auras pas à rougir de moi.

-Nous pourrions nous marier à Lugdunum, qu’en dis-tu ?

-Déjà ? Si vite ? Ne crains-tu pas de le regretter ?

-Je veux des enfants pour – de ces ruines – reconstruire une vie avec toi.

Postumus devait partir et poursuivre sa mission de pacification du territoire. Avant de s’éloigner, il laissa des consignes à Marcia :

-Il te faut abandonner cette villa immense qui n’est pas défendable, comme l’expérience – hélas – l’a prouvé. Organise ta vie dans la maison du plateau : elle est en hauteur et elle est fortifiée, ce sont de réelles garanties de sécurité. Il y a aussi d’autres mesures d’urgence. Votre milice est constituée de paysans inefficaces et peureux, sans aucune expérience des combats. Ils ne peuvent assurer de défense sérieuse. Voici ce que je te propose : je connais, dans ma légion, plusieurs vétérans qui arrivent en fin de carrière. Ils seraient heureux de s’installer ici avec leur pécule. Donne-leur, aux limites de ton immense domaine, quelques lopins de terre où ils construiront leurs fermes avec des tours de garde. Ainsi, tu auras ton limes personnel, constitué d’hommes qui savent se battre, estimer un danger et y faire face.  Nous vivons dans un monde peu sûr ! Seuls y survivront ceux qui seront forts, préparés à affronter les périls et à s’en défendre.

Marcia avait accepté, ayant reconnu l’opportunité et la sagesse des mesures préconisées. La grande villa avait été fermée, ses ouvertures condamnées, ses plus beaux ornements – statues, vases précieux, braseros, meubles – soit emportés dans la villa du plateau, soit stockés dans des réserves. Marcia fit ranger dans des coffres les multiples tentures, velum et rideaux, qui partageaient les espaces et aménageaient l’intimité des pièces. Dans sa nouvelle demeure, elle avait entrepris des travaux pour améliorer le chauffage et une installation de bains qui, pour être de petite taille, seraient néanmoins confortable.

Avant de fermer la villa, Marcia se promena longtemps dans ces pièces prestigieuses où elle avait vécu une enfance insouciante… Une dernière fois, elle contempla les fresques vivantes et colorées qui, de trompe-l’œil en perspectives, escamotaient les murs et enchantaient le regard – ces fresques qu’elle avait cru immuablement destinées à être le cadre de la vie fastueuse qu’elle avait connue. De ses pieds nus, elle caressa les mosaïques fines et précieuses au décor d’arabesques sans cesse renouvelé pour ne pas lasser l’œil. Elle se rappelait, étant enfant, avoir parcouru en riant, à quatre pattes ou à cloche-pieds, leurs dessins à la fois capricieux et ordonnés. Enfin, elle démonta pieusement le laraire pour l’emmener avec elle, en souvenir de son père. Tout en doutant de ces dieux capricieux, Julius avait toujours tenu à leur rendre hommage – par tradition plus que par conviction. Ainsi, elle disait adieu au décor de son enfance et de sa jeunesse, comme elle avait dit adieu à son père. Sa vie allait se poursuivre dans un cadre nouveau. Le monde – pour elle – avait encore changé.

Les communs de la villa, ainsi que le théâtre et le temple, avaient été démolis. Leurs matériaux serviraient à bâtir le nouveau mur d’enceinte qui doublerait celui déjà existant pour permettre de mettre à l’abri d’un siège – si cela était nécessaire – le personnel et le bétail indispensables à la survie des occupants et à la reprise de l’exploitation. Ces travaux occupaient Marcia qui les dirigeait en personne. Elle décidait des plans et surveillait leur réalisation, aidée de Praxus, trop heureux de la retrouver prête à entreprendre et à faire face. Il lui fallait aussi examiner les comptes de la propriété, se mettre au courant de l’étendue et de la nature de cultures, de l’importance du cheptel, de la commercialisation des produits. Toujours aidée de Praxus, elle passa en revue les responsables des principaux secteurs de production, sélectionna ceux à qui elle en confierait la gestion. Elle ne voulait plus jamais dépendre d’un seul intendant !

Praxus la regardait un soir, l’air un peu emprunté, comme s’il hésitait à lui parler

-Mon vieil ami, lui demanda Marcia, qu’est ce qui te préoccupe ?

-J’ai à te faire une demande… qui me gêne un peu.

-N’hésite plus ! Si je peux te faire plaisir, ce sera avec joie ! Quand je pense que je t’avais promis de visiter Alexandrie que tu n’as jamais vue !

-Ne t’avance pas sans savoir ! Que m’importe la sagesse des anciens Egyptiens puisque j’ai trouvé mon chemin de Damas... Tu sais que je suis devenu un pasteur pour mon troupeau, un prêtre, reprit-il en voyant son air étonné. En tant que tel, j’ai le devoir de répandre la parole de Dieu et de convertir ceux qui veulent écouter ma voix. Me laisserais-tu, sur ton domaine, évangéliser tes colons, tes domestiques, tes esclaves ? Laisserais-tu à ma disposition un lieu pour célébrer le culte ?

-C’est une décision grave. Si cela se sait à Lugdunum, je risque des ennuis avec le proconsul. Les Chrétiens sont tout juste tolérés. Mon père disait que cette religion pervertissait les esclaves. Qu’en est-il, Praxus ?

-Pour ta première observation, Marcia, je reconnais que laisser la religion chrétienne se propager serait mal vu… mais il y a peu de chances pour que cela se sache ! Je ne ferai pas de prêches sur la place publique ! Quant à ton second souci, je t’affirme catégoriquement  qu’être chrétien ne peut en aucun cas pervertir ton personnel… tout au contraire !

-Praxus, je te fais confiance. Enseigne ta religion, si tel est ton désir.

Marcia recevait des estafettes qui lui apportaient des messages de Postumus :

-Dès que je t’ai rencontrée, écrivait-il, j’étais prêt à me mettre à genoux. Tu recèles toutes les facettes de la Femme , à la fois, Diane, Junon, Vénus. Tu es tout cela et beaucoup plus encore. Et je t’ai prise dans mes bras ! Je n’oublierai jamais cet instant. Je n’étais rien, mon amour m’a grandi ! Tu m’as ouvert les portes de l’espoir d’un bonheur infini dont je me rendrai digne pour l’amour de toi. J’attends de te revoir. Porte-toi bien.

Elle répondait :

-J’étais au seuil du désespoir et du dégoût de vivre… Et je t’ai rencontré. Tu es le port où j’ai trouvé ancrage, tu es mon armure, tu es le feu qui réchauffe ma maison et entretient ma vie. Tu es le printemps de ma renaissance. Tu es celui que j’aime, et je t’attends. Porte-toi bien.

Une fois sa mission accomplie, Postumus – au retour – s’arrêta à Marcellicus. Presque timidement, il s’avança vers Marcia. Elle se jeta dans ses bras. Il la reçut contre sa cuirasse pleine de la poussière du chemin. Il sentait le cheval, ses cheveux étaient collés par la sueur sous le casque, mais elle ne vit que son visage penché vers elle, son regard plein d’amour, ses lèvres entr’ouvertes.

-Postumus, dit-elle plus tard, si tu vas à Lugdunum, je t’y accompagnerai. Il faut que je témoigne contre les assassins de mon père qui vont être jugés. Je dois aussi voir mes hommes de lois pour régler mes affaires. Et surtout, nous pourrons nous marier, si tu es toujours d’accord, bien sur…

-Je ne suis qu’un officier et tu es une héritière ! Qu’as-tu à faire de moi ?

-Postumus, cherches-tu à te dérober et à fuir tes responsabilités ? Elle ajouta en riant devant ses véhémentes dénégations : Si tu le veux bien, tu considéreras que je suis heureuse de devenir ta femme et c’est suffisant. Et j’ajouterai, mon cher futur époux, que tu es aussi un futur père...

Malgré les réticences de Postumus – et de son entourage – ce fut à cheval et habillée en homme que Marcia l’accompagna à Lugdunum. Elle ajouta qu’elle ne voyagerait désormais plus en voiture, mais uniquement de cette façon, avec serviteurs et gardes montés également. C’était plus rapide et plus sûr !  

 

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