26.05.2007
chapitre 9 - LE VOYAGE
Les derniers jours à Rome avaient été fort occupés : faire quelques achats et saluer – avant leur départ – les amis de Marcus. Marcia avait accepté une courte visite d’adieu à Lucius, qui les accueillit avec sa brusquerie habituelle. Marcus dut subir de son père une acerbe diatribe contre l’ingratitude de certains envers le chef de famille suivie d’un long discours sur les vertus que devait pratiquer un représentant du pouvoir dans l’exercice de ses fonctions. Lucius fit aussi fait allusion au devoir de fertilité de la femme romaine pour permettre la pérennité de la gens et la célébration du culte des ancêtres. Puis il entraîna Marcus et Marcia devant l’autel des dieux lares et les pria d’offrir l’encens qui attirerait leur bienveillance. Après leur offrande devant le laraire, Marcus et Marcia se retirèrent sans partager le repas du vieil homme. Il les regarda partir, impassible et maussade, en les fixant de ses yeux au regard trop blanc. Marcia s’était aussi longuement promenée dans Rome, passant du forum de Trajan à celui d’Auguste pour aller à celui de Vespasien, puis faisant un crochet pour revoir le forum de César et celui de Nerva. Elle regardait avidement ces immenses colonnades, ces temples de la Concorde , de Saturne ou de Romulus, ces immenses basiliques – Emilienne et Julienne – cette Voie Sacrée... Bien qu’elle eut la nette conscience qu’elle ne reverrait plus ce cœur de Rome, orgueilleux et magnifique, elle resterait à jamais imprégnée de sa grandeur.
Ils quittèrent Rome par la via Appia – magnifiquement dallée de basalte et construite cinq cents ans plus tôt sous la censure d’Appius Claudius – pour se diriger vers Capoue. Marcia admira au passage, sans oser demander à Marcus un arrêt, les splendides tombeaux et les somptueuses villas dont elle était bordée. Ils passèrent la première nuit dans une propriété appartenant aux Aemilius. Construite sur une colline plantée de vignes, la maison était originale. Une longue colonnade conduisait au corps d’habitation principal, bâti en rotonde autour d’un remarquable jardin peuplé de statues de nymphes et de faunes. Les chambres formaient des pavillons séparés, noyés dans la verdure, reliés par des allées fleuries tracées au milieu de parterres et de pergolas. La piscine se nichait dans un bosquet fleuri et ses murs plaqués de mosaïques prolongeaient si bien la verdure extérieure qu’ils s’en faisaient oublier. Alors que Marcia s’émerveillait devant cette demeure pleine de fantaisie, Marcus dit d’une voix brève :
- C’est ma mère qui, jeune mariée, fit construire cette maison.
La jeune femme ne sut que répondre, mais elle eut le cœur serré en pensant au triste sort de cette femme, certainement heureuse à l’époque où elle avait conçu une maison si accueillante et si gaie. Ensuite, comme pour répondre à une question que – par discrétion – elle n’avait pas osé poser, Marcus reprit :
- J’ai appris récemment que ma mère n’était plus de ce monde. Et que je devenais son héritier, ce qui est une heureuse surprise.
L’étape suivante fut agréable, mais conventionnelle. Sans doute dépités de ne pas habiter Rome, leurs hôtes avaient voulu montrer que l’on savait aussi recevoir à la campagne et les avaient régalés d’un repas trop copieux, trop long et trop agrémenté de chants et de danses. A Pouzzoles, Marcia retrouva avec plaisir la mer, son odeur et le charme dansant de sa mouvante étendue. La baie de Naples, dominée par le Vésuve d’où s’échappait un panache de fumée, était un spectacle inoubliable. Marcia se fit raconter l’éruption qui, cent cinquante ans auparavant, avait enseveli les villes de Pompeï et d’Herculanum. Elle regarda craintivement le plumet de fumée qui s’évaporait dans le bleu intense du ciel et paraissait si inoffensif. Le soir, alors qu’elle buvait sur la terrasse de ses hôtes le vin du pays dans un verre irisé, elle toucha machinalement son amulette cousue dans un repli de sa robe, tout en regardant la montagne maudite, en pensant que la colère de la terre était tellement plus redoutable que la fureur des hommes...
Leur navire se balançait mollement à quai. Julius avait usé de son influence pour que leur soit réservé l’un des meilleurs navires qui faisait les traversées vers la Cyrénaïque. Son gubernator – chef de la navigation – était expérimenté et connaissait bien les courants et les écueils de cette partie de la mer, traîtresse et qui recelait bien des dangers. Le magister navis – chargé de la cargaison et des passagers – avait souvent transporté des cargaisons pour le compte de Julius et il ferait son possible pour rendre agréable le voyage de sa fille. A côté du paisible bateau de commerce, était amarré le navire de guerre, le quadrirème sur lequel aurait dû embarquer Marcus. Le jour prévu pour l’appareillage, tandis que le quadrirème gagnait majestueusement la haute mer, le gubernator de leur navire les fit avertir qu’il ne lèverait pas l’ancre ce jour-là. Marcus laissa éclater sa colère en disant qu’avec des marchands, on n’était sûr de rien, qu’ils n’avaient aucune parole et qu’il allait s’informer sur-le-champ des raisons de ce retard inacceptable. Marcia, un peu dépitée, l’accompagna.
- Seigneur Marcus, tu gouverneras dans ton pays, mais en mer, je suis maître sur mon bateau et je ne veux pas partir aujourd’hui.
- Pourquoi donc ? Explique-toi donc ! lui jeta Marcus, exaspéré.
- J’ai examiné les nuages, leur vitesse et leur direction. Comme tu le vois, le ciel est très rouge. Il y aura une grande tempête dans le détroit de Messine et je ne veux pas appareiller dans ces conditions.
- Le quadrirème l’a pourtant fait !
- Chaque capitaine est maître à bord et libre de ses décisions.
- Tu n’es peut-être bien qu’un capon ! dit Marcus furieux.
Deux jours plus tard, le gubernator se décida enfin à appareiller. Traînant derrière lui les barques de service, le navire s’éloigna lentement de la côte, après que les esclaves l’aient éloigné du quai à la perche. L’arc parfait de la baie se dessina dans la splendeur dorée de ses couleurs allant des bleus de la mer aux verts des collines, jusqu’à l’azur triomphant du ciel où le soleil déversait sa lumière d’or. Emerveillée, accoudée près de son mari, Marcia murmura :
- Que c’est beau ! J’aime infiniment la mer !
- Elle est un peu lente à parcourir – surtout lorsque l’on a affaire à des marchands timorés. Et j’ai tellement hâte d’arriver ! répondit Marcus, maussade. Ce bateau est confortable et le personnel aux petits soins, mais il est moins rapide qu’un navire de guerre. J’ai honte d’être parti en retard ! Des troubles sont à craindre à Cyrène et je serai peut-être absent...
- Tu regrettes donc d’avoir voulu m’accompagner ?
- Non, naturellement. J’ai seulement hâte de découvrir ce pays qui m’est confié. J’espère tant pouvoir y servir Rome et y faire de grandes choses !
Marcia fut touchée par cette déclaration passionnée. Elle aussi se plaisait à imaginer ce pays qu’elle avait étudié, mais dont elle ignorait tout. Lepcis Magna – leur port d’arrivée – était la ville la plus importante d’Afrique, selon le désir de Septime Severe qui y était né et l’avait embelli, y faisant construire des thermes monumentaux, des théâtres, un magnifique forum de dimensions gigantesques, des temples et un arc de triomphe à sa gloire. Le vent soufflait encore fort, mais régulièrement, et ils avançaient vite. En arrivant au large de Messine, ils abordèrent le fameux détroit où le tourbillon de Charybde avait une sinistre réputation – bien méritée. Pendant trente milles, ils devraient louvoyer entre des rives rocheuses truffées d’écueils et éviter surtout le sinistre rocher de Scylla où tant de coques s’étaient éventrées. Le gubernator surveillait la mer tandis que les marins se tenaient attentifs à ses ordres, chacun faisant une prière à son dieu tutélaire. Soudain, d’en haut, le marin à la vigie cria :
- Epave en vue !
Accoudés au bastingage, Marcus et Marcia écarquillaient les yeux. Ils virent, enfin, drossée contre le rocher qui l’avait éventrée, la quadrirème que battaient en cadence les vagues indifférentes. Pas une embarcation, pas un survivant ! Seule la carcasse frémissait sous les coups de butoir de la mer qui terminait son oeuvre de destruction. Des rames se dressaient encore vers le ciel comme pour implorer la clémence des dieux. L’équipage et les passagers scrutèrent en vain la côte pour tenter de distinguer des survivants. Mais les oiseaux de mer étaient les seuls à animer cette vision terrifiante. Plus tard, Marcus alla voir le marin :
- Gubernator, je te présente mes excuses, tu es un bon marin. Que les dieux aient pitié de ces malheureux ! La mer est un ennemi bien cruel !
- Non, Seigneur Marcus. La mer n’est pas un ennemi, mais elle est indomptable et il faut se plier humblement à ses volontés – sans la défier.
- Je ferai en arrivant un sacrifice sur l’autel de Neptune et je te donnerai aussi une gratification méritée, conclut Marcus.
Le huitième jour, ils arrivèrent en vue de Lepcis Magna. Le phare à tribord et le sémaphore à bâbord indiquaient l’entrée du chenal d’accès au port, lui aussi creusé grâce aux magnificences de Septime Severe. Lepcis Magna ne possédait qu’un abri naturel rudimentaire composé de quelques îlots, qui arrêtaient plus ou moins la houle du large. Son port – entièrement artificiel – était entouré de grandes digues de maçonnerie et régulièrement dragué pour éviter l’ensablement. Il était indispensable à la richesse et au développement de la ville. En effet, de Sabratha à Ptolémaïs, la côte était inhospitalière et il n’y avait pas d’abris pour les bateaux. Le port attirait ainsi de nombreux navires qui déversaient dans les entrepôts de ses marchands : marbres, sculptures, céramiques fines, bronze, cuivre et l’argent ; puis transportaient sa production agricole, blé, huile, fruits, ainsi que les richesses de l’arrière-pays dont des animaux sauvages achetés à prix d’or pour les jeux des cirques romains. Lions et panthères, pris au piège, partaient dans de solides cages pour mourir sur le sable blanc des arènes sous les huées des foules surexcitées. Arrivaient également à Lepcis la Grande , les caravanes qui traversaient le désert pour amener l’or, l’ivoire, les bois précieux et les esclaves noirs de ces lointaines contrées qui ne faisaient pas partie du monde connu. Lepcis vivait dans l’opulence.
Marcus et Marcia furent étonnés de découvrir un port en pleine activité, bordé d’entrepôts énormes regorgeant de marchandises. La côte était construite de luxueuses villas et on apercevait les grands monuments de la ville, capables de rivaliser avec les plus belles villes romaines. Lepcis avait réussi à maîtriser le problème de l’eau – crucial pour toute cette côte africaine – en se dotant d’un aqueduc amenant l’eau de la Cynips – une rivière permanente, fait rare en Afrique. Ceci, ajouté aux innombrables citernes recueillant l’eau de pluie, permettait de ne plus connaître de pénurie d’eau et la ville avait pu se doter de fontaines, de nymphées et de thermes nombreux – certains même, comme ceux d’Hadrien, somptueux. Leur arrivée ayant été signalée, Marcus et Marcia furent aussitôt entourés et accueillis par les édiles de Lepcis, avec tous les honneurs. Pour quitter le port, ils empruntèrent la via Colonnata, créée dans le lit d’une rivière détournée pour éviter l’ensablement du port et bordée de colonnades où s’étaient installées de luxueuses boutiques. De là, ils arrivèrent, en passant par la place du Nymphée, au forum de Septime Severe qui étalait sur ses colonnades plus d’un hectare. Son éblouissant carrelage de marbre blanc étincelait sous le soleil brûlant. Les personnalités de la ville les attendaient dans la Basilique , imposante. En termes choisis, Marcus remercia ses hôtes de leur accueil, mais ne cacha pas qu’il souhaitait rejoindre Cyrène au plus tôt. Les magistrats regrettèrent de ne pouvoir conserver plus longtemps ces hôtes de marque, mais affirmèrent qu’ils pourraient rejoindre leur destination dès le lendemain.
Ils partirent par la grande voie côtière qui reliait Carthage à Alexandrie. Le temps était immuablement beau, le ciel presque bleu marine et la mer, douce et calme, déroulait le velours diapré de son immensité. Marcus, rendu fébrile par l’impatience d’arriver, aurait volontiers faussé compagnie à la longue caravane de chariots et de voitures composant son équipage – fourni par les magistrats de Lepcis – mais il se rendait compte qu’un chef se devait d’arriver avec une nombreuse suite. Il prit donc son mal en patience. Après les champs et les prairies des alentours de Lepcis, parsemés d’habitations et de constructions, la route se fit plus sauvage. Des bergers gardaient de grands troupeaux de moutons et de chèvres dans des terrains rocailleux où l’herbe était rare. Les puits, surmontés de norias, distribuaient une eau précieuse. L’étape était prévue dans une ferme dont les propriétaires avaient délégué l’entretien à des colons venus d’Italie. Ils avaient été prévenus de l’arrivée des voyageurs. La vue des bâtiments blottis dans un bosquets d’arbres rabougris, réjouit Marcia qui aspirait au repos. Depuis des heures, des nuées noires et menaçantes s’accumulaient dans le ciel. Soudain, le tonnerre se mit à gronder et, à leur arrivée, la pluie tombait en rafales. Les fermiers les attendaient au portail d’entrée et les abritèrent jusqu’à la maison, tandis que les domestiques apportaient les bagages prévus pour la nuit. L’habitation n’était pas luxueuse : un vestibule chichement éclairé par des lampes posées dans des niches, une cour pavée de dalles disjointes qui ruisselait sous l’averse et une véranda qui courait sur les côtés pour desservir des chambres, petites et sombres En face du vestibule, dans une grande salle, une table était dressée. La fermière, une femme petite et maigre, habillée assez pauvrement, proposa un bain à Marcia et la conduisit dans une pièce carrelée de terre cuite où trônait une petite baignoire de pierre. Sur des bancs, des seaux d’eau chaude étaient posés. Interloquée devant la pauvreté des lieux, Puppa restait les bras ballants, sans savoir que faire.
- Apporte mon linge et mes sels de bains, qu’attends-tu ? lui demanda Marcia, décidée à prendre les choses du bon côté.
Puppa revint rapidement et versa l’eau, un peu boueuse, dans la baignoire. Ensuite, elle lava et rinça rapidement sa maîtresse, toujours offusquée de la voir dans un si pauvre décor. La chambre dévolue à Marcia était également sommaire. Puppa se hâta donc de compléter le lit avec les coussins et les couvertures transportés dans les bagages, après avoir demandé à sa maîtresse si elle ne préférait pas qu’on lui monte un lit puisque le matériel nécessaire au couchage et aux repas était prévu. Marcia refusa, trouvant que c’était inutile pour une seule nuit et un peu humiliant pour les fermiers Elle avait été prévenue que l’étape manquerait de confort, mais Marcus avait passé outre pour faire le plus grand trajet possible. Dans la grande pièce faisant office de triclinium, le fermier, petit homme jovial et rondouillard, et sa femme les attendaient, debout.
-Vous ne dînerez pas avec nous ? demanda Marcus.
-Certainement pas, Seigneur Marcus, nous sommes là pour vous servir. Nous sommes désolés de vous recevoir si pauvrement mais notre vie n’est pas facile. Vous arrivez avec un orage qui est une bénédiction pour nous. Vous nous portez chance car voici des mois qu’il n’a pas plu. Les pluies abondantes du printemps sont en retard cette année. Les puits sont presque à sec et nous sommes inquiets pour les troupeaux.
-Mais je croyais ces terres fertiles ! objecta Marcus.
-Elles le seraient… avec plus de pluies ! Hélas, seuls les plateaux sont bien arrosés ! Ici, en bord de mer, les pluies sont trop rares.
-Avez-vous des réserves de fourrages pour les bêtes ? questionna Marca.
-Nous sommes ici depuis peu de temps. Mais nous construirons bientôt des granges pour pouvoir garder du fourrage. Les anciens exploitants n’ont pas été efficaces, il nous faudra tout remettre en état.
-Je crains que l’eau de ton bain ne t’ait semblée étrange, Domina. Elle est seulement un peu boueuse car le niveau des puits est très bas. Mais ce n’est pas grave. Il ne faut pas t’en inquiéter.
-C’était parfait, et j’ai conscience que ce bain était un grand luxe !
La fermière la regarda, reconnaissante à la jeune femme de ne pas se plaindre et de remercier des efforts faits pour la recevoir au mieux. Le repas fut simple mais goûteux : une soupe à base de viande et de pois chiche accompagné d’un plat de grosse semoule cuite à la vapeur et imprégnée de beurre.
-C’est la première fois que je mange cette préparation, c’est délicieux, dit aimablement Marcia.
Malgré sa bonne volonté, elle ne put cependant les complimenter sur le vin servi qui était tout à fait aigre. La fermière le devina et demanda :
-Veux-tu boire une infusion de plantes ?
Marcia accepta la proposition avec plaisir tandis que Marcus faisait rechercher dans ses provisions un tonneau de vin qu’il offrit au fermier.
-Je pense qu’il n’y a pas de problème de sécurité dans la région.
-Il n’y en avait pas. Mais il est actuellement question de tribus du désert qui s’avanceraient jusqu’ici pour piller les exploitations. On murmure de plus en plus que Rome n’est plus capable d’assurer la paix...
-Je ne sais pas exactement ce qu’il se passe ici, mais je puis t’affirmer qu’en Cyrénaïque, les barbares n’ont pas intérêt à se hasarder dans le monde romain ! Toi qui es Romain, tu ne dois pas douter de la puissance de Rome. Ne serais-tu pas prêt à te battre pour repousser la barbarie ?
-Seigneur Marcus, encore faudrait-il que l’on me donne des armes...
-Tu as raison, je vais m’occuper de cela. Le limes n’est pas prêt de céder !
Cette étape rustique avait plus efficacement renseigné Marcus sur l’état des provinces que les affirmations présomptueuses des édiles à l’abri de leurs villes puissantes – peut-être inconscients des périls qu’ils s’efforçaient d’oublier.
Les étapes se succédaient, tantôt dans les somptueuses demeures de cités florissantes, tantôt dans des fermes isolées, quelquefois même sous des tentes dressées pour la nuit au bord de la route. Dans ce cas, Marcus prévoyait des tours de garde et un système de défense pour prévenir toute agression, même hypothétique. Le soldat ne perdait pas les réflexes acquis tout au long de ses campagnes. A l’approche de la Cyrénaïque , le temps se fit plus frais, les pluies plus fréquentes, le vent plus violent.
-C’est une Afrique gauloise que nous allons habiter, disait Marcia en riant.
-Réjouissons-nous de cette température car ces pluies nous épargneront les problèmes d’alimentation en eau... Tu avais l’air très au courant des problèmes de ces régions, Marcia, j’ai admiré l’à propos de tes questions.
-J’ai cherché – avec Praxus – toute la documentation possible au sujet de ces provinces dans les bibliothèques de Rome, répondit-elle. J’ai lu aussi des récits de voyageurs et des rapports de proconsuls... Je ne voulais pas arriver en ignorante dans ce pays si différent du mien.
-Je te félicite de ta démarche. Tu me seconderas utilement dans ma tâche.
Ces paroles – qu’elle sentit sincères – touchèrent Marcia. Que Marcus soit prêt à l’associer à sa tâche lui procurait une grande joie. Il n’était donc pas indifférent puisqu’il appréciait ses qualités et la traitait comme son égal – et non comme un être futile à l’instar de tant de maris jaloux de leurs prérogatives d’hommes. Elle en fût d’autant plus heureuse qu’elle sentait que l’administration d’un pays devait être une mission passionnante. Avec enthousiasme et confiance, elle abordait ce pays inconnu qui allait devenir le sien.
06:40 Publié dans LA DOMINA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Les commentaires sont fermés.