05.05.2007
chapitre 16 - Moran fin
- Mais je crains de monopoliser l’attention avec mon histoire si longue !
- Tu nous trouves peut-être indiscrets de te harceler ? dit la vieille Noun avec discrétion. Ne te crois pas obligé de te livrer si tu n’en as pas envie !
- Cela ne me gêne pas ! J’éprouve au contraire un grand plaisir à raconter mes aventures. J’ai même l’impression de me délivrer d’un fardeau…
J’avais donc décidé de poursuivre mon voyage mais la construction d’une pirogue est un travail de longue haleine. Une fois ma case construite et meublée, j’entrepris donc la confection de cette embarcation qui m’était indispensable. Il me fallait en même temps assurer ma nourriture et amasser des provisions pour l’hiver car je prévoyais un séjour assez long. Mes occupations me laissaient cependant le loisir de profiter de mon camp. J’envisageai même la possibilité de m’y installer définitivement... Le temps passait. Je ne voyais aucun passage sur le fleuve et je commençais à croire que ce cours d’eau était complètement ignoré des hommes. J’avais tendu, en travers du courant, des filets qui assuraient ma subsistance sans trop d’efforts et je fis sécher d’abondantes provisions de poissons. J’avais aussi creusé des fosses pour piéger quelques gros animaux qui se désaltéraient dans le fleuve. Pour ma pirogue, j’avais sélectionné soigneusement un arbre qui me parut parfait pour l’usage que je projetais. Je l’avais abattu et laissé tremper avant de le faire sécher. Plus tard, il me faudrait le creuser profondément pour que la pirogue soit légère, mais pas trop tout de même car elle devait rester solide. Tout cela me demanderait beaucoup de temps !
Un matin, alors que le soleil commençait sa course en écartant du ciel les brumes de la nuit pour y resplendir à loisir, je contemplais « mon » fleuve, si grand, si majestueux, qui coulait vers les pays inconnus que je découvrirai peut-être un jour. Je le contemplais avec amour et respect car lui ne connaissait ni peur, ni doute : il coulait, sûr de sa force et rien ne pouvait l’arrêter. Soudain, mon regard fut attiré par une masse insolite et je vis arriver au fil de l’eau une petite embarcation. Prise dans mes filets, elle fût arrêtée dans sa course. Inutile de vous dire que je bondis aussitôt pour l’examiner ! C’était une petite pirogue et, au fond, je vis une forme immobile. La surprise me laissa un moment comme paralysé mais je me ressaisis vite. Je me jetai à l’eau, pris l’embarcation par l’avant et l’amenai sur la rive. Là, après avoir dégagé délicatement la forme emmaillotée de peaux, je découvris une jeune fille, évanouie mais vivante. Je m’aperçus avec stupéfaction qu’elle avait les pieds et les mains liés, et qu’elle était bâillonnée. Je la libérai doucement, la pris dans mes bras et la ramenai dans la case. Je la couchai sur ma litière, la couvrit d’une bonne fourrure et humectai ses lèvres avec un petit morceau de peau trempé dans une calebasse pleine d’eau. Il me semble que j’ai passé des heures à mouiller ses lèvres craquelées et à tenter de faire couler quelques gouttes de liquide dans sa bouche. Le temps ne comptait plus. Je voulais tellement la sauver ! Elle était petite et fragile, avec un visage blême, de longs cils qui se détachaient sur ses pommettes blafardes, des cheveux couleur de nuit, des membres gracieux. J’aurais voulu lui communiquer mon souffle de vie pour voir s’ouvrir ses yeux désespérément clos qui me faisaient craindre un départ définitif. Enfin, un frémissement parcourut son visage et elle battit des paupières. Je compris alors qu’elle était sauvée ! Je mélangeai un peu de miel à l’eau qui humectait sa bouche, et tentai de réchauffer dans mes mains ses membres glacés. En lui parlant doucement pour la rassurer, je vis comme un sourire s’esquisser sur ses lèvres pâles. Je passai ainsi mes jours et mes nuits auprès d’elle, à la veiller, à la contempler. J’avais abandonné mon travail et je ne pensais qu’à lui procurer des nourritures appétissantes pour la réconforter. Je lui apportais aussi des fleurs, des coquillages et de jolis galets ronds et colorés pour la distraire et amener un sourire sur son visage inquiet. Mes voyages m’avaient donné une certaine aisance pour comprendre rapidement les langues inconnues et, dès qu’elle put parler, je me mis à essayer de traduire ce qu’elle tentait de me faire comprendre.
Son histoire était pitoyable ! Elle était la fille du chef d’une tribu qui nomadisait en amont du fleuve et qui avait bâti son camp d’été près de la rive du fleuve. Une nuit, une crue violente et soudaine avait emporté plusieurs tentes, dont celle de son père. Le sorcier avait alors décrété que Nidemba - c’était le nom de mon inconnue - avait encouru le courroux du Dieu-fleuve et qu’elle devait donc lui être sacrifiée. En fait, quelques jours avant le drame, le sorcier avait trouvé Nidemba se baignant dans le fleuve. Il avait tenté de la prendre dans ses bras mais, surprise de cette attaque inopinée, elle s’était débattue et d’un coup de coude, elle avait ouvert les lèvres du sorcier, sans même l’avoir reconnu. Le lendemain, elle l’avait revu, bouche enflée, la regarder avec une haine féroce. Elle avait compris quel terrible ennemi elle s’était fait ! Une fois son père mort, personne n’avait osé prendre sa défense. D’ailleurs, une décision du tout puissant sorcier était sans appel, elle le savait et s’était préparée à mourir. On l’avait ligotée, bâillonnée et abandonnée dans sa pirogue au fil de l’eau, destinée à mourir de faim et de soif, ou à périr noyée si l’embarcation non guidée se retournait. « Mais toi, d’où es-tu, étranger ? Et comment m’as-tu trouvée ? » me demanda-t-elle quand elle eut fini son histoire. Je lui racontai mon enfance, mon départ de mon village natal et mes voyages. Elle m’écoutait, émerveillée de découvrir qu’il existait tant de pays différents, tant de peuplades étrangères. La mer surtout était pour elle un sujet d’étonnement sans fin. « Un lac salé dont on ne voit pas les rives ? disait-elle, je n’arrive pas à me l’imaginer ! Ce n’est pas possible ! »
- Et qu’est devenue cette fille ? demanda Marka avec une certaine âpreté.
Moran resta silencieux un long moment, perdu dans ses souvenirs. Le clan respecta son silence, tout en attendant avec impatience la suite de son récit.
- J’avais trouvé une femme belle, douce, reprit enfin Moran. Je croyais avoir atteint le but de mon errance, et nous nous sommes aimés…
- Aimer ? demanda Han, Que veux-tu dire ? Tu avais trouvé une femme jeune et jolie, je le comprends cela, mais que signifie « aimer » ? - Tu ne sais pas ce que aimer veut dire ? s’étonna Moran. L’amour est l’union parfaite entre un homme et une femme, leur entière harmonie… Même lorsque je rencontrais des peuplades amicales, le monde m’avait toujours paru vide et froid, et là, d’un coup, il était devenu accueillant et lumineux. Je n’avais plus de craintes, plus de doutes, je n’étais plus seul : Nidemba était là ! Quand je partais à la chasse ou à la pêche, c’était pour elle car je savais qu’elle m’attendait. Je continuais à fabriquer ma pirogue, mais ce n’était plus pour fuir toujours plus loin, c’était pour me promener avec elle. Vous savez ce que représente une case chaude et bien calfeutrée pour un chasseur qui rentre d’une longue expédition un jour d’hiver ? Nidemba était cela pour moi. Nous avons vécu heureux. Nous riions, nous travaillions, nous mangions, unis dans la joie de partager nos efforts et d’envisager toute notre vie ainsi. C’est cela aimer !
Mais bientôt, Nidemba constata qu’une nouvelle vie s’annonçait dans son ventre. Nous avions aménagé la case pour en faire un nid douillet. L’hiver ne nous faisait pas peur. Nous étions au chaud, bien nourris, bien abrités. Le vent pouvait souffler, la neige tomber, le fleuve geler, les loups hurler, nous pensions que rien ne pouvait nous atteindre. Nous avons vu des ours passer à coté de notre case, une panthère des neiges rôder, mais nous n’avions aucune crainte, nous nous sentions forts et protégés par notre amour. Avec le retour des beaux jours, le ventre de Nidemba s’alourdit. Elle savait qu’elle allait bientôt donner naissance à son enfant et nous discutions pour savoir si ce serait une fille ou un fils. Elle prétendait que je préférerais un fils mais je lui disais vouloir une fille pour ne pas qu’elle soit déçue si elle en avait une. Quand l’heure fût venue et qu’elle sentit les premières douleurs, elle s’installa, comme elle l’avait vu faire par les femmes de sa tribu. Les heures passant, les douleurs devenaient de plus en plus fortes, mais l’enfant ne paraissait pas. Nidemba souffrait tellement qu’elle en hurlait et je ne savais que faire pour la soulager. Soudain, une grande flaque de sang s’élargit sous son corps. Et, pétrifié d’horreur, je l’ai vue se vider complètement de son sang, sans mettre au monde le bébé qui ne pouvait pas naître et je pouvais rien faire. Elle et son bébé sont morts dans mes bras. Longtemps, j’ai gardée Nidemba contre moi pour la réchauffer. Je ne voulais pas croire qu’elle était partie pour toujours vers les lieux d’où l’on ne revient jamais. Quand j’ai enfin réalisé que plus jamais elle n’ouvrirait les yeux pour me sourire, que plus jamais je n’entendrais sa voix m’appeler, que plus jamais ses bras ne se tendraient vers moi, je l’ai enveloppée dans mes plus belles fourrures, j’ai allumé un foyer et son corps si doux s’est consumé dans les flammes. Je n’ai rendu au Dieu-fleuve que ses cendres que j’ai répandues en pleurant dans le courant.
Alors j’ai rassemblé quelques provisions et mes armes dans la pirogue, j’ai mis le feu à la case qui nous avait connus si heureux et j’ai fui mon rêve de bonheur évanoui. Il ne me restait que ma peine et ma solitude. J’ai descendu le fleuve, pâle et abattu, emporté par la pirogue que je guidais presque machinalement de ma pagaie attachée à l’arrière. Je suis passé sans les voir à coté de vallées, de montagnes, de forêts… J’étais sourd, aveugle et détaché de tout. Je ne m’arrêtais qu’à la nuit tombée pour tomber dans un sommeil lourd peuplé de cauchemars. Un matin, mon réveil fût brutal. Au dessus de moi, des hommes se tenaient en armes. Ils étaient grands et massifs, vêtus d’épaisses fourrures, le tête ceinte de cornes de bœufs musqués. Ils parlaient d’une voix gutturale qui n’avait rien d’amicale. Brutalement, ils me saisirent, me lièrent les bras dans le dos et me poussèrent devant eux. Ma pirogue fut hissée hors de l’eau et portée par deux guerriers, puis nous nous dirigeâmes vers la forêt proche. Après une longue marche, que je fis en titubant car j’étais poussé sans ménagements, nous arrivâmes à leur village, bâti dans une grande clairière. Au centre, de belles cases étaient construites sur une sorte de tertre aménagé en rond autour d’une aire soigneusement nettoyée, encerclée par des totems grimaçants et farouches, sculptés dans de grands pieux de bois. A l’écart, un deuxième cercle de huttes sommaires semblait abriter une population nombreuse. Dans le premier cercle d’habitations circulaient des hommes grands, bien vêtus et des femmes, également imposantes et couvertes de fourrures, entourées de nombreux enfants. Autour du deuxième cercle, les habitants pauvrement vêtus marchaient courbés et tous les hommes semblaient atteints de claudication. L’ensemble donnait une impression inquiétante de force et de brutalité. Je pensais avec raison avoir rencontré ces tribus guerrières qui avaient si mauvaise réputation auprès de mes anciens amis.
Je fus jeté dans un enclos que l’on referma sur moi sans explications. Plus tard dans la soirée, on vint me chercher et on m’amena dans la place centrale du village. Toute la population du premier cercle y était rassemblée. Sur des billots de bois étaient assis les personnages principaux du village : le chef, massif, imposant et barbu, le sorcier au visage peint d’une couleur rouge sang et vêtu d’une peau de panthère des neiges, tous deux entourés d’hommes jeunes à l’allure redoutable. Le sorcier parla brièvement, d’une voix rauque et stridente à la fois. Mon pied fut posé sur une planche et un guerrier s’avança une hache à la main. Quand je le vis chercher de la main la jointure, je compris alors horrifié qu’il s’apprêtait à me couper le gros orteil et je devinais aussitôt pourquoi les hommes du second cercle claudiquaient ! C’étaient des prisonniers, estropiés pour les empêcher de s’enfuir… J’eus un mouvement de révolte, me débattis et ma tunique se déchira sur ma poitrine, révélant un bijou de Nidemba que j’avais accroché à mon cou. Il s’agissait d’une pierre curieusement travaillée, sculptée de traits entrecroisés et percée au centre, ce qui permettait de l’accrocher à une lanière. Nidemba la portait toujours car, même pour se baigner ou dormir, elle refusait de s’en séparer. Avant de brûler son corps sur le bûcher funéraire, j’avais détaché son pendentif et l’avais mis à mon cou pour garder un souvenir d’elle. La vue de cette pierre arrêta la main du bourreau. Le sorcier s’était mis à crier. Après une concertation du cercle des notables, je fus délié du poteau de torture et ramené dans l’enclos où l’on m’apporta peu après à boire et à manger.
Je ne savais pas quel serait mon sort, mais je réalisai que le bijou de Nidemba m’avait protégé d’un acte détestable. Quelques jours après, on me permit de sortir de l’enclos tout en me faisant comprendre que je ne devais pas, sous peine de sanctions graves, franchir le premier cercle. Je passais mon temps à observer ce peuple cruel et à essayer de comprendre son langage. J’appris qu’il s’agissait bien, comme je l’avais soupçonné, d’une tribu qui ne voulait pratiquer que la chasse et la guerre. Pour les travaux courants que ces hommes jugeaient indignes d’eux, ils usaient de prisonniers. Les guerriers faisaient donc des expéditions dans les tribus voisines pour se fournir en esclaves. Lorsque les femmes avaient des enfants, ceux-ci leur étaient enlevés et étaient élevés comme membres du clan. Les esclaves devaient en particulier creuser la montagne pour ramasser des pierres noires qui brûlaient en donnant un feu durable et chaud. Je n’avais jamais rencontré de telles pierres ! Je trouvais leur emploi pratique, mais leur mode de ramassage bien cruel. Les esclaves construisaient également les huttes, tannaient les peaux, taillaient les pierres. Ils n’étaient pas trop mal traités tant qu’ils étaient dociles. A vrai dire, la nourriture ne manquait pas car les hommes libres, délivrés de tous les autres travaux, passaient tout leur temps à la chasse,. Mais les esclaves étaient estropiés et restaient prisonniers à vie… Leur avenir était sans espoir et, pour moi, ce sort était pire que la mort.
Je décidai de négocier ma liberté. Je commençais à pouvoir pratiquer leur langage et leur fis comprendre que j’aimerais les accompagner à la chasse. Après quelques palabres, je les suivis donc dans des chasses à l’ours et aux bœufs musqués où je pus apprécier leur courage et leurs techniques. Ils avaient de bonnes armes, toujours parfaitement affûtées, approchaient sans peur le gibier pour l’atteindre dans les meilleures conditions et maniaient l’épieu avec force et témérité. C’étaient réellement de grands chasseurs et je mis tout mon talent à m’attirer leur considération. J’en profitai pour analyser leurs méthodes de chasse. Je n’avais rien à leur apprendre en ce qui concernait l’approche du gibier : c’étaient d’excellents pisteurs, sûrs et expérimentés. Ils savaient aussi parfaitement entourer les troupeaux à bon vent, communiquer pour se signaler leurs positions, isoler les bêtes et les attaquer avec leurs sagaies ou leurs propulseurs et les achever à l’épieu. Mais je remarquai qu’ils ne connaissaient pas ni la technique des miradors, ni celle des boules à lancer : deux pierres dont le centre est creusé et qui sont reliées par une lanière. Envoyées avec un mouvement de rotation, elles s’enroulent dans les pattes du gibier et l’immobilisent, ce qui simplifie évidemment la précision des sagaies. C’était une technique employée dans mon pays. J’ai donc offert de leur apprendre ces méthodes et j’ai demandé la liberté comme prix de mes conseils. Il y eut de longs conciliabules. Après mûre réflexion, ils déclarèrent vouloir m’écouter, mais sans rien promettre en retour, le conseil des sages en déciderait après coup. J’ai décidé de prendre le risque et leur ai appris à construire des miradors sur le passage des troupeaux pour choisir les bêtes à abattre et diminuer la perte du gibier blessé. Je leur ai montré aussi l’usage des boules. Après quelques jours de chasse fructueux, on me rendit mes armes et ma pirogue. Avec un soulagement indicible je repris ma route le long du fleuve et quittai sans regret cet étrange peuple. Je n’ai jamais su ce que le bijou de Nidemba avait représenté pour eux.
Mes pérégrinations devaient m’amener ensuite dans bien d’autres contrées. Je découvris un pays plat où la terre et la mer semblaient ne faire qu’un, où les tribus vivent dans leurs pirogues en pêchant sans cesse. Dérivant inlassablement sur ces eaux plates et grises, ils en tiraient leur subsistance sans joie et sans repos, rivés à leurs embarcations qui les protégeaient peut-être de toute incursion étrangère mais surtout, à mes yeux, les gardaient prisonniers des eaux. J’ai connu des peuplades vivant dans des pays si froids que leurs huttes étaient construites dans des blocs de glace, pour eux le meilleur refuge contre les vents, la neige, le brouillard et les dangers. Pour un homme qui a connu la douceur de la mer, la chaleur du soleil et la vie au grand air, ce mode de vie était incompréhensible. Ils paraissaient cependant tout à fait adaptés à ce climat et heureux. Leurs dents étaient noires et gâtées, ils ne connaissaient pourtant pas les fruits sucrés et le doux sirop des abeilles, ni le chant des oiseaux et le stridulation des cigales. Ils n’entendaient que le hurlement du vent déchaîné, la plainte des cormorans et le craquement de la mer gelée. Ils étaient hospitaliers, mais je les ai quittés sans regrets.
J’ai alors tourné le dos au septentrion et repris la direction du sud. Je traversai des contrées boisées, des plaines, des montagnes… Je rencontrai bien des peuplades, mais jamais plus, par bonheur je ne retrouvai de tribus guerrières et hostiles. Je fus partout bien accueilli, nourri et réchauffé. Mes récits étaient écoutés avec plaisir et je repartais comblé de cadeaux donnés avec gentillesse et générosité. J’essayai toujours de partager mes découvertes et mes connaissances, mais je n’ai jamais regretté mes départs. Rien ne me retenait dans ces rencontres de hasard. Un jour, je suis arrivé en vue de votre vallée. J’avais laissé mes bagages pour explorer plus à l’aise les environs et je m’étais hissé sur un promontoire. J’ai vu deux femmes s’approcher. J’ai voulu me signaler en leur faisant de grands gestes, mais j’ai glissé, je suis tombé… et je me suis retrouvé chez vous !
- Si tu n’avais pas été blessé, serais-tu déjà reparti ? demanda un garçon.
Moran ne répondit pas tout de suite, et son regard alla chercher celui de Marka.
- Je ne sais pas, répondit-il enfin, peut-être ai-je trouvé un nouveau port…
08:45 Publié dans LA DAME DE PIERRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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