29.04.2007

chapitre 7 - les ancêtres

Marka avait distribué les outils et les femmes s’étaient empressées de les utiliser. Ils étaient remarquablement exécutés, solides, bien finis, témoignant d’une rare maîtrise de la taille. Les lames des couteaux étaient fines et tranchantes, les poinçons perçaient sans effort les peaux les plus épaisses, la prise en mains était toujours assurée par les creux et les renflements nécessaires. Il y avait aussi des pointes de silex aux bouts effilés et aux côtés dentelés qui, montées sur des hampes, fourniraient des sagaies  meurtrières. Les objets en os témoignaient de la même perfection d’exécution. Marka avait également trouvé du matériel d’agrément : lampes, peignes, colliers, pendentifs, perles. Privées depuis si longtemps de superflu, les femmes riaient de joie devant un pareil luxe. En fait, elles n’avaient jamais possédé autant. Leur respect envers Marka, toujours réel malgré leur mauvaise humeur passagère, s’était transformé en vénération. Par ailleurs, la chasse était fructueuse. Des chèvres et des moutons sauvages avaient pu être attrapés dans les nouvelles lignes de piège de la rivière aux saumons. Personne ne chômait et les nouveaux outils avaient de quoi être employés. Les peaux étaient raclées et préparées, la laine coupée et cardée de façon à fournir de précieux rembourrages pour les vêtements d’hiver, la viande découpée en tranches, boucanée et séchée pour être conservée.

Le temps passait vite et si les mères s’interrogeaient toujours sur le sort de leurs fils, elles étaient beaucoup moins angoissées. Les arbres avaient maintenant perdu leurs feuilles, envolées dans les bourrasques du vent qui fraîchissait de plus en plus. Bouleaux, chênes, tilleuls, érables, après s’être embrasés de toutes les couleurs flamboyantes de l’automne, montraient leurs branches noires et dépouillées et il ne restait que les tâches vertes des  pins et des sapins qui ne tarderaient pas à être ensevelies sous un blanc manteau. Un nouvel hiver approchait. Dans la caverne, les provisions de bois étaient soigneusement empilées en tas,  les réserves de nourriture rangées tout le long des parois sur des claies, dans des corbeilles ou des paniers finement tressés. Près du foyer, la cuisine s’était enrichie d’ustensiles variés : paniers étanches, outres de peaux, bols et plats de bois, cuillères d’os. broches de bois durci. L’ère du dénuement était bien finie. Enfin, tous remarquaient que la lumière de la nuit s’arrondissait. Elle allait bientôt atteindre sa plénitude et ils attendaient avec une impatience mal dissimulée le retour des proscrits. Seraient-ils exacts au rendez-vous ? Plus le moment approchait, plus la tension montait. Ils étaient groupés autour du feu, nerveux et attentifs, quand la nuit fatidique arriva. Le silence régnait dans la caverne, Chacun retenait son souffle pour être le premier à entendre le bruit des pas gravissant le chemin.

Kirou était celui qui avait le plus souffert de l’absence des grands. Son frère, Koba, était son modèle. Tout en se disant qu’il avait eu raison révéler le secret des grands puisqu’ils étaient en danger, Kirou se sentait coupable d’avoir parlé et ressentait douloureusement sa responsabilité. Ce fut lui le premier qui s’écria :

-         J’entends des pas… commença-t-il sans oser nommer les arrivants.

Le clan était assis en rond autour du foyer commun. Quand les garçons parurent, le cercle s’ouvrit pour leur faire place et de toutes les poitrines jaillit un soupir de soulagement. Les garçons étaient amaigris mais aucun ne semblait avoir souffert. Ils paraissaient plus âgés, presque des hommes. Tous s’inclinèrent cérémonieusement devant Marka, puis devant Han.

-         Prenez votre place dans le clan, leur dit Marka doucement.

Mana, la fille de Marka, était d’une nature douce et affectueuse. Elle souffrait souvent de l’indifférence de sa mère, trop occupée à diriger le clan pour s’intéresser à elle. Dans un élan de tendresse, elle vint se réfugier dans les bras de son frère. Les garçons s’assirent et les nourritures circulèrent. Elles étaient abondantes et variées : saumons cuits sur des pierres brûlantes, lièvres au court bouillon avec des herbes aromatiques et des racines poivrées, mouton rôti, galettes aux baies rouges. C’était un vrai festin et chacun appréciait une si bonne chère. Noun avait même eu l’idée de préparer une liqueur fermentée à base de miel dont chacun eut droit à quelques gorgées ou à un gobelet selon son âge. Les gobelets étaient des petits melons séchés qui avaient été ornés de dessins avec une pointe de bois rougie au feu. Tout avait un air de fête et les membres du clan savouraient de pouvoir fêter la fin de la séparation. Han examina la blessure de Nak  et constata avec plaisir qu’elle était bien cicatrisée. Nak la remercia chaleureusement pour son baume qui avait fait merveille. Noun, qui s’était fait tant de soucis, souriait et toutes ses rides se plissaient autour de sa bouche édentée - qui arrivait à mastiquer une quantité énorme de nourriture ! Toutes les mères mangeaient de bon appétit, le cœur enfin léger. Elles avaient condamné sévèrement leurs fils sous le coup de la colère, mais le temps de l’absence leur avait paru bien long. Plus d’une fois, elles s’étaient reproché de n’avoir pas été plus indulgentes. Maintenant tout était oublié. Même Marka avait pardonné à Koba. Depuis la découverte de la caverne, elle avait repris confiance en elle et la trahison de son fils lui paraissait beaucoup plus bénigne. Il n’y eut ni questions ni commentaires sur la façon dont s’était passé leur exil, c’était tabou. On n’en parlerait jamais.

Il y avait d’ailleurs  assez de sujets de conversations avec le récit des pêches au saumon, la découverte du gibier des terres des collines bleues, les vêtements nouveaux qui étaient en cours de fabrication. Lorsque Kirou exhiba sa poule, il fut très flatté de l’intérêt que lui manifesta Dib, alors que l’indifférence de son frère aîné l’avait déçu.

-         Sais-tu que ton idée est intéressante, lui dit Dib songeur, il ne faut pas se contenter d’une seule poule, il faut continuer. Y as-tu pensé ?

-         Je crains que Marka ne veuille pas distribuer si facilement ses provisions, même à des poules pondeuses, lui répondit Kirou en jetant un oeil sur sa mère.

A la fin du repas, Marka fit au profit des nouveaux arrivants, le récit complet de sa découverte. Puis Han prit la parole :

-         Nous avons retrouvé l’endroit sacré qui contient toute la mémoire du clan. Demain soir, nous nous réunirons tous dans la salle de nos ancêtres et nous y passerons la nuit pour une grande cérémonie. Il faut que chacun communique avec les esprits des Anciens qui nous ont laissé leurs messages. Nous consacrerons aussi les talismans des garçons comme acceptés par le clan et les esprits des Anciens et nous leur remettrons la peau de leurs ours. Les garçons deviendront des hommes du clan !

L’annonce de la cérémonie dans le sanctuaire impressionna beaucoup le clan. Tous étaient conviés, il n’y aurait pas d’exception, même les jeunes enfants seraient là. Ce n’était pas dans les traditions qui excluaient habituellement les femmes et les enfants des cérémonies rituelles, mais les temps avaient changé. Marka était persuadée que chacun devait avoir accès à la grotte sacrée et participer à tous les actes de la vie de leur communauté qui n’en serait que plus forte. Han l’avait approuvée. Elle s’approcha de  Marka pour la prévenir :

-         Je boirai la liqueur magique qui fait voir les esprits et communiquer avec eux et je pénétrerai la première, seule, dans la grotte sacrée. Vous ne devrez ni manger ni boire. Vous me rejoindrez et vous garderez le silence jusqu’à ce que je parle.

-         Tu sais aussi faire la liqueur magique ? s’étonna Marka.

-         Je te l’ai déjà dit, j’ai tout appris des secrets de Nobi, et même ce que je n’ai pas vu, je l’ai malgré tout compris.

Le lendemain donc, Han resta à l’écart. Elle prépara des décoctions sur un feu qu’elle avait installé et se retira dans sa hutte où elle vivait seule maintenant que son fils partageait celle des garçons. Le soir venu, chacun peignit sur son visage ses marques rituelles. Han s’enveloppa en silence dans sa peau d’ours dont la tête reposait sur sa tête et, la première, comme convenu, elle se dirigea vers la salle aux peintures, un flambeau à la main. Ils avaient tous préparé des torches de bois à combustion lente, recouvertes de résine, et ils attendaient, anxieux et troublés, le signal de Marka pour pénétrer à leur tour dans le mystérieux passage. Au bout d’un temps qui leur parut très long, Marka donna le signal en allumant sa torche et en se dirigeant vers le sanctuaire. Ils la suivirent, étreints par l’émotion. A l’entrée de la salle souterraine, ils s’arrêtèrent pétrifiés. Marka leur fit signe de s’asseoir et lentement elle fit le tour des parois en les éclairant. Le passage mouvant de la lueur de la torche semblait faire  bouger les dessins et les fresques. L’effet était saisissant.

Puis elle s’assit au milieu d’eux et un silence religieux plana dans la grotte. Han ne se montrait pas. Combien de temps restèrent-ils figés dans une contemplation extasiée ? Ils n’auraient pu le dire. Soudain, Han apparut en poussant un hurlement lugubre. Ils sursautèrent terrorisés. Elle avait surgi de l’obscurité enveloppée dans sa peau d’ours. Sa tête était recouverte par celle de la bête, ses bras levés enveloppés par les pattes dont les griffes pendaient. Elle psalmodiait d’une voix gutturale qui semblait sortir de la gueule de l’ours. Leurs torches grandissaient démesurément la silhouette massive qui ressuscitait la bête comme revenue parmi eux. C’était un spectacle si terrifiant qu’un râle s’échappa de plusieurs poitrines. Han resta longtemps en transes, se dandinant comme un ours, agitant les bras, dodelinant de la tête. Puis elle trembla violemment, s’immobilisa, laissa tomber en arrière la tête de l’ourse et parla d’une voix basse et caverneuse qui résonnait et semblait sortir des murailles :

-         Les ancêtres m’ont parlé. Les ancêtres m’ont dit : Cette grotte est celle de notre clan, cette grotte est à nous. C’est ici qu’a vécu autrefois «  La Main Qui Sait ». C’est lui et ses hommes qui ont peint les parois et qui ont travaillé la pierre. Mais après lui, les enfants de ses enfants se sont battus. C’étaient des hommes du même clan et ils se sont battus entre eux. L’esprit de «  La Main Qui Sait » a envoyé sa malédiction. Ils ont été malades et ils sont morts. Tous. Les hommes, les femmes et les enfants. Seul un petit groupe a pu fuir. Loin. Très loin. Mais l’esprit de «  La Main Qui Sait » avait promis qu’il redonnerait le chemin du refuge à ses descendants quand ils s’en montreraient dignes. Marka est de son sang. Marka nous a guidés et vous avez été jugés dignes d’être choisis.

Le silence retomba et tous continuaient à fixer Han comme hypnotisés.

-         Marka ! appela-t-elle. Lève-toi !

Marka la fière obéit aussitôt.

-         Va au fond de la grotte, juste sous l’image de l’ours. Creuse le sable. Que trouves-tu ?

Marka suivit les instructions et trouva dans le sable une statuette représentant une femme aux seins lourds, au ventre et aux fesses énormes. Elle tenait dans sa main tremblante la réplique exacte de son talisman.

-         Tu es bien la descendante de « La Main Qui Sait » reprit Han. Tu es désormais la mère de notre clan. Grâce à toi le clan vivra pendant des lunes, et sa descendance sera plus nombreuse que les étoiles du ciel.

Puis Han se tut et s’affaissa. Marka, la statuette toujours à la main, rejoignit le cercle sans un mot et la méditation silencieuse reprit. Ils n’avaient plus peur. Ils regardaient les merveilleuses images tracées par leurs ancêtres et songeaient avec fierté qu’ils avaient été jugés dignes de les retrouver. Pour ces femmes qui avaient surmonté leurs peurs et leur dénuement, c’était la constatation émerveillée qu’elles avaient été choisies par le plus grand des ancêtres du clan pour en assurer la postérité. Elles regardaient les peintures, les objets de pierre, toutes ces oeuvres dont elles devenaient dépositaires. Elles se promettaient obscurément qu’elles sauraient-elles aussi faire des choses mémorables, dignes de «  La Main Qui Sait ». Les garçons ne pensaient plus à leurs regrets passés. Tournés vers l’avenir, ils brûlaient d’être dignes de leurs ancêtres. Longtemps après, Han se releva, demanda aux garçons leurs talismans, se rapprocha de l’ours figuré sur la paroi, les brandit à trois reprises vers lui en marmonnant indistinctement les paroles sacrées, s’inclina par trois fois et les leur rendit. Puis elle leur remit leur peau d’ours. Alors, tous ensemble, ils entonnèrent le chant du clan en signe de remerciement pour les Ancêtres, en marque de confiance dans leur destin. Quand Han se dirigea vers la sortie, tous la suivirent.

Le lendemain, autour du feu, Han répondit aux questions muettes des femmes qui la regardaient sans oser l’interroger :

-         J’ai bu la liqueur sacrée et les esprits de nos ancêtres m’ont parlé. Je les ai entendus. Ils m’ont raconté l’histoire du clan.

-         Han, osa demander Noun, et ceux qui se sont battus, ceux qui sont morts, que sont-ils devenus ?

Han réfléchit longuement avant de répondre. Il est grave de parler des choses de l’au-delà et évoquer les mauvais esprits des disparus pouvait être dangereux. Les sorciers ne révèlent jamais leur savoir. Mais elle jugea que l’ignorance était encore pire et que le clan avait besoin d’explications pour vaincre la peur qui est toujours au cœur de l’homme. Elle savait aussi que les humains vivaient continuellement dans la crainte, crainte du ciel qui gronde et jette des flammes, s’assombrit et déverse des torrents d’eau sur la terre en menaçant de la noyer, crainte du grand souffle du vent qui arrache les huttes et déracine les arbres, de l’eau qui se fige et recouvre la terre d’une peau glacée sur laquelle rien ne pousse, du soleil vieillissant qui ne veut plus se lever et semble vouloir mourir, des grands froids qui gèlent les plus faibles dans leurs fourrures trop minces, crainte des famines lorsque le gibier fuit et se fait rare, crainte des fauves qui éventrent les valeureux chasseurs et dévorent les enfants, crainte des autres hommes aussi, de la jalousie, de l’envie qui entraînent la dispute et la haine, crainte de la maladie, de la souffrance et de la mort et du monde de l’au-delà. Elle savait que les éléments, les bêtes, les hommes, que tout obéit aux Esprits. Mais il ne faut pas en parler. Les Esprits sont trop inaccessibles, trop lointains, trop puissants. Les intermédiaires entre Eux et les hommes, ce sont les esprits bienveillants des ancêtres dont il faut garder la mémoire et qui peuvent  protéger leurs descendants.

-         Les hommes de bien qui ont fini leur temps sur terre, reprit Han pensivement en étendant ses mains au-dessus du foyer comme pour se purifier à la flamme, rejoignent les prairies toujours vertes des Esprits Bienveillants. Ceux-là nous aiment et nous guident. Les méchants, continua-t-elle en baissant la voix, rejoignent les déserts de glace des Mauvais Esprits. Les premiers sont heureux et veulent attirer leurs descendants vers ces lieux de délices. Les seconds sont malheureux et veulent aussi que leurs descendants les rejoignent pour ne pas être seuls à souffrir. Il faut écouter les esprits des bons ancêtres et leur rendre hommage pour qu’ils nous protègent et oublier les autres pour qu’ils nous oublient.

Puis elle se tut, inquiète d’en avoir tant dit. Personne n’osa plus lui poser de questions. Pour repousser les mauvais esprits qui avaient peut-être été attirés parce qu’ils avaient été évoqués, Han jeta dans le feu des herbes magiques en marmonnant des incantations. Noun la regardait pensivement. Elle-même se faisait vieille et elle se demandait vers quelles demeures éternelles les ancêtres l’emmèneraient lorsque son heure viendrait.

Chacun voulut alors parler de la soirée mémorable qu’il venait de vivre. Dina raconta qu’elle avait vu un tas de jolis cailloux couleur de soleil qui l’avaient beaucoup attirée, mais elle ne savait pas pourquoi. Han lui suggéra que la réponse lui viendrait peut-être plus tard. Rani dit que l’ours représenté dans la grotte l’avait assurée qu’il n’était pas fâché qu’ils aient tué la femelle ours et l’ourson et qu’il acceptait le sacrifice des siens pour le bien du clan. Han fut très intéressée par ce message et promit qu’elle remercierait l’ours en lui emmenant des offrandes. Marka rappela qu’elle avait trouvé la réplique de son talisman dans le sable et que cela la troublait beaucoup.

-         Ne crains rien, lui répliqua Han, je l’ai remis dans la grotte, il faut le laisser en place. Il te relie au sanctuaire et nous sommes ainsi tous protégés par la Mère.

Les garçons avaient remarqué l’une des fresques de la grotte illustrant une chasse aux chevaux. Leurs commentaires retinrent toute l’attention:

-         Il s’agit d’une chasse, annonça Koba, qui s’est passée ici, sur le plateau qui domine notre caverne. Les chevaux étaient en grand nombre et c’est normal car il y a des salines qui les attirent, nous les avons retrouvées!

-         Oui, nous aussi, intervint Marka.

-         Les chasseurs rabattent les chevaux vers la falaise, continua Nak, nous avons compris leur manœuvre. Ils les effrayent en agitant des bâtons ou des torches.

-         Les chevaux ont peur, s’emballent et tombent de la falaise, conclut Dib, il ne reste plus qu’à les achever.

-         La méthode est habile dit Marka, mais encore faut-il qu’il y ait des chevaux. Nous n’en avons encore jamais vu.

-         Si, dit Logo, j’en ai vu ce matin même quelques-uns près des salines justement, quand je suis allé faire la tournée de mes pièges.

-         Peut-être vont-ils migrer vers le sud pour trouver d’autres pâturages,  reprit Koba, dans la fresque ils sont très nombreux. Ils doivent passer par ici lors de leur transhumance, car la saline les attire.

-         Garçons, vous êtes maintenant devenus les hommes du clan, c’est à vous d’organiser cette chasse. Vous avez compris l’enseignement des dessins, alors appliquez la méthode des Anciens, décida Marka. Il faut guetter le passage des troupeaux. Postez-vous près des salines pour nous signaler leur arrivée. Pensez à tout ce qui est nécessaire pour effrayer les troupeaux, préparez les armes dont nous aurons besoin. Dans la grotte, vous trouverez les armes qu’il vous faut. La grande traque selon l’enseignement des dessins sacrés est la vôtre !

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